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Le bon spectacle tout public
Le bon spectacle tout public
C’est un spectacle dans lequel il est question d’identité, d’exil, d’échange de cultures, de révolte, sous une forme qui est à la fois épique et assez poétique. (…) Ça m’a beaucoup plu parce que c’est un théâtre très musical, il y a un musicien sur scène qui s’appelle Dramane Dembele qui joue des flûtes, des percussions, c’est très beau la façon dont il accompagne le spectacle. C’est le bon spectacle tout public. Pour les enfants c’est tr ès beau, il y a pour les enfants une histoire simple avec un beau souffle épique, et en même temps plusieurs niveaux de lecture pour les parents aussi. Il y a une distribution que j’aime aussi : Caterina Barone, Adama Diop, Yasmine Modestine et Sipan Mouradian. Et c’est une metteure en scène Aline César qui a fait pas mal de spectacles avec les enfants que je trouve intelligents parce qu’il y a toujours de la hauteur de vue et beaucoup d’exigence.
France Culture / La Dispute, Le coup de cœur d’Anna Sigalevitch / 3 juin 2019
« Aller et être »
« Qui connaîtra notre nom ? » : cette mythique interrogation à la fois inquiète et performative sur la visibilité historique des esclaves, qui n’est pas sans évoquer certains prologues de Toni Morrisson, délimite l’horizon épique de ce « grand poème » théâtral et musical qu’a souhaité repiquer Aline César. A partir du roman d’Aphra Behn, autrice anglaise injustement méconnue que Virginia Woolf avait déjà tenté de réhabiliter, elle compose pour cinq comédien.ne.s et musicien.ne.s (avec en figure de proue le génial Adama Diop) un jeune public de grande estime pour toutes les générations, tant il fait la part belle à l’imaginaire par son émiettement de tableaux et l’habilité suggestive de ses accessoires rudimentaires. Ayant l’intelligence de préserver la singularité des points de vue dans la puissance salvatrice de la choralité, et la coulisse du geste narratif par la confrontation critique de l’écrivaine occidentale (Caterina Barone) aux confins inhumains du monde, elle distancie, déniaise et dépsychologise tout l’exotisme fabulateur du conte. Le spectacle incarne alors cette force pure de l’allant qu’initie la fuite d’Oroonoko, l’indomesticable prince esclave, et son fameux slogan existentialiste (« aller et être »), la comédie musicale avec ses rengaines chantées dans toutes les langues et son énergie poétique (imitant parfois celle de Césaire) se transformant elle-même en modeste fugue, dans tous les sens nobles du terme.
I/O Gazette / Pierre Lesquelen / 17 juin 2019
Une belle écriture poétique
L’épopée scénique – belle écriture poétique – relève de l’actualité brûlante : l’exil, les migrations, la révolte, l’injustice, la confrontation à l’autre, l’identité et la rencontre des cultures. (…) Un poème théâtral, épique et musical où le récit se construit à vue, porté par des acteurs narrateurs de l’histoire – personnages, témoins, passeurs. La musique tonique est omniprésente, le musicien talentueux Dramane Dembele accompagne le voyage de ses instruments – flûtes peules, n’gôni, tâta, sanza (…). Les quatre comédiens sont multidisciplinaires et polyvalents, à la fois forts d’un jeu individuel et d’une partition collective, avec la rayonnante Catarina Barone qui, de l’anglais au français, raconte et joue, s’enthousiasme ou se met en colère; Nicolas Martel très physique chorégraphie la coupe de la canne à sucre, danse et chante admirablement; la gracieuse Coralie Méride interprète Imoinda, danseuse lumineuse et sage, tandis qu’Assane Timbo, maître de cérémonie et prince rebelle conduit en artiste tout son monde alentour, sur les chemins de l’éveil à soi et aux autres.
Hotello / Véronique Hotte / 4 avril 2021
Une fable sur l’identité
Au-delà du destin romanesque d’Oroonoko et de l’histoire de l’amitié qui lie la jeune Ephra et le jeune prince, le spectacle met l’accent sur la question de l’identité. Oroonoko, devenu esclave, est dépossédé de son nom et, par la volonté de ses maîtres, devient César avant que la révolte qu’il fomente ne le transforme en Spartacus. Il renvoie la balle à Ephra, qui se mue en Astrea dans ses activités d’espionnage et de plume, en rébellion contre l’ordre établi et le statut fait au femmes. Leurs changements de noms illustrent leur impossibilité d’être ce qu’ils sont et d’en obtenir la reconnaissance. La société les dépossède d’eux-mêmes en leur ôtant leur nom ou en les contraignant à en changer. (…) Ce spectacle offre une belle opportunité de favoriser la rencontre et de réconcilier au lieu d’opposer. Aline César ouvre une porte vers une histoire qui pourrait bien se finir si on le souhaite et où le dialogue entre les communautés, au lieu d’être rompu, pourrait être porteur d’un nouveau souffle. On n’effacera pas le passé en matière de colonisation. Reste à construire un avenir plus ouvert, plus positif. C’est l’une des leçons de cet attachant spectacle, impeccablement rythmé et plein d’entrain.
Arts-chipel.fr / Sarah Franck / 3 avril 2021
Spectacle intelligent et bien rythmé
Beau travail de mise en scène et d’interprétation, ainsi que de création des costumes et des lumières, ce spectacle, intelligent et bien rythmé, s’inspire d’une histoire vécue par une anglaise du XVIIème siècle, Aphra Behn. ( …) Ce nouveau spectacle fait partie d’une trilogie consacrée à Behn et écrite et mise en scène par Aline César. En 2017, elle avait conçu Aphra Behn, Punk and Poetess ; elle est en train de préparer la dernière partie de la trilogie.
A2S Paris (magazine Arts, Société, Sciences) / Rafael Font Vaillant / avril 2021