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Le poème d’une femme moderne

Une chambre d’hôtel, un bateau qui prend le large, un aéroport, une ville sans nom. Autant d’invitations au voyage, de non-lieux, ou pourtant se glisse l’intimité impudique et lyrique d’Aline César. Une intimité à l’image de son spectacle qui nous invite dans son appartement à nous rassembler, à nous serrer, à ne pas chasser le regard. Une complicité forte et troublante d’acteur à spectateur.
Suite Samouraï se construit comme une suite musicale, lyrique, épique : le poème d’une femme moderne qui oscille dans les vertiges de l’amour entre ce qu’on y trouve de plus beau et de plus douloureux. Ce que l’on remarque vite, c’est qu’elle y croque à pleine dent, et a la politesse de nous en partager la saveur. Comme nous avions pu le voir dans son dernier spectacle, Dérives, la poésie ici ne manque pas de style et se retrouve toujours au rendez-vous. Néanmoins, il y a dans sa nouvelle proposition une figure un peu plus narrative qui se dessine au milieu des contours floutés par la poésie. Une histoire d’amour passionnée, racontée également comme un carnet de voyages aux milles paysages exotiques, et frisant enfin avec le thriller. Des registres en somme tout à fait complets et complexes, qu’Aline César aime à surprendre au cours de son spectacle.
La puissance, outre l’écriture tout à fait prenante, est ici accordée une nouvelle fois à l’intimité qui réside dans ce moment partagé. L’invitation à ces différents voyages se fait sans effort dans la quiétude de  l’appartement. On voudrait boire encore un dernier verre, entendre un dernier poème, avant de claquer la porte et de retrouver le brouhaha d’Avignon.
Un fauteuil pour l’orchestre / Jean Hostache / 5 août 2017

Les coulisses d’un intriguant périple

Aline César nous invite dans son appartement Place des Carmes à Avignon pour découvrir un texte qu’elle a écrit. Il s’agit de Suite Samouraï qui raconte le voyage poétique de l’autrice. Se situant entre polar et histoire amoureuse, sur fond de décor japonisant, Suite Samouraï nous invite dans les coulisses d’un intriguant périple.
Les chansons sont dites avec élégance et le texte est joliment écrit. La musique pop rock se marie bien avec la scénographie. En guise d’objets nous avons une malle qui dévoile quelques secrets au cours du spectacle et des panneaux numérotés comme sur la scène d’un crime. La forme est épurée et sobre.
L’histoire nous embarque de suite en suite, comme dans un hôtel étranger, avec pour compagnon symbolique un crocodile. Le tout est construit comme un puzzle en plusieurs dimensions. Il s’agit d’un spectacle aux composantes multiples. Les objets s’ouvrent et se découvrent comme des poupées russes.
De suite en suite, le spectateur est invité à voyager et à se laisser porter par cette aventure mystérieuse et asiatique. Nous sommes emmenés dans une mélopée douce. La poésie sonore de la pièce donne à voir de belles images. Le tout a un caractère intimiste dans une ambiance tamisée qui convient très bien à l’espace cosy de l’appartement. Nous sortons avec la sensation d’avoir fait un voyage d’homme ou de femme d’affaire en transit, aux confins du rêve et de la poésie.
Le Souffleur.net / Florent Barbera / Brève d’Avignon #2 / 29 juillet 2017